Compendre le mélanome

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Le mélanome est un type de cancer qui se développe dans les cellules de la peau qui produisent la mélanine (mélanocytes). La peau est le plus gros organe du corps et son travail consiste à protéger celui-ci des blessures, des infections et des effets nocifs des rayons ultraviolets (UV). La peau aide également à contrôler la température corporelle et fabrique la vitamine D. La mélanine est le pigment qui donne à la peau sa couleur.

Un mélanome apparaît lorsque les cellules acquièrent une mutation génétique qui leur permet de se diviser rapidement et de se multiplier de façon anarchique.

Prévalence/incidence

On estime qu’en 2017, 7 200 nouveaux cas de mélanome seront diagnostiqués. Au Canada, le risque d’une personne de développer un mélanome au cours de sa vie est de 1 sur 57 et l’âge moyen au moment du diagnostic est de 59 ans. S’il est détecté tôt, ce qui est souvent le cas, le mélanome se traite aisément et son taux de guérison est excellent.

Causes et facteurs de risque

L’exposition aux rayons ultraviolets (UV) du soleil ou de lampes ou de lits de bronzage augmente le risque de mélanome. Un seul important coup de soleil avec des cloques double le risque de mélanome. On sait que les rayons UVB causent le cancer en altérant l’ADN des cellules de la peau. Toutefois, les rayons UVA sont plus susceptibles de provoquer des lésions dans les mélanocytes et d’entraîner ainsi un mélanome.

Les facteurs de risque de mélanome comprennent un diagnostic antérieur ou des antécédents familiaux de mélanome, la présence de multiples grains de beauté atypiques, de rares mutations génétiques héréditaires, comme la mutation du gène CDNK2A, une incapacité à bronzer et une peau claire qui brûle facilement. Les personnes de race blanche qui ont les cheveux blonds ou roux, les yeux bleus et des taches de rousseur sont plus à risque de développer un mélanome.

Dépistage

Il est conseillé de faire vérifier tous les grains de beauté atypiques ou tous les grains de beauté qui présentent des changements par un dermatologue ou une infirmière spécialisée. Un auto-examen est utile pour déceler les signes précoces. La règle de l’ABCDE est un aide-mémoire qui peut vous aider à vous souvenir des cinq signes précurseurs :

A : Asymétrie – le grain de beauté présente une forme irrégulière.

B : Bords – les bords du grain de beauté semblent irréguliers ou entaillés.

C : Couleur – des nuances de noir, de brun, de beige, de rose ou d’autres couleurs sont visibles.

D : Diamètre – le grain de beauté fait plus de 6 mm de diamètre (taille d’une gomme à effacer).

E : Évolution – la taille, la forme, l’apparence, la surface ou la couleur a changé, ou une tache s’est développée à un endroit où la peau était normale auparavant.

Symptômes généraux

Souvent indolore, le mélanome se présente comme un changement dans la taille, la couleur, la forme ou la surface d’un grain de beauté existant. Les autres modifications suspectes des grains de beauté sont, par exemple, une peau qui s’écaille, des démangeaisons, des changements de texture, un envahissement du pigment dans la peau adjacente et un suintement ou un saignement. Le mélanome peut également apparaître sur une peau auparavant d’apparence normale.

Types et Pronostic

Le mélanome est le type de cancer de la peau le plus grave. Bien qu’il représente le plus faible pourcentage de tous les cancers de la peau, il cause le plus grand nombre de décès. La survie dépend de la profondeur de la lésion et du degré d’extension latérale au moment du diagnostic.

Un grain de beauté normal présente généralement une forme et une couleur uniformes ainsi qu’un contour bien délimité. La plupart des gens ont environ 10 à 40 grains de beauté et la majorité de ceux-ci apparaissent avant l’âge de 20 ans. Les grains de beauté de grande taille, qui présentent un bord irrégulier et un mélange de couleurs sont appelés nævus dysplasiques. Après la puberté, ces grains de beauté sont beaucoup plus susceptibles de se transformer en mélanomes que les grains de beauté ordinaires.

Le mélanome superficiel extensif est le type le plus fréquent de mélanome. Il représente environ 70 % de tous les mélanomes et apparaît le plus souvent sur les jambes, le thorax et le dos. Il commence par se développer lentement. Ce mélanome est souvent plat, de forme irrégulière et de couleur noir et brun.

Le mélanome nodulaire est le deuxième type le plus courant de mélanome. Il croît plus rapidement que les autres types de mélanome et on l’observe le plus souvent au thorax, au dos, à la tête et au cou. Il peut se propager rapidement et devenir dangereux si on ne l’enlève pas. Il apparaît au début sous la forme d’une surélévation de la peau de couleur noir, bleu ou rouge foncé. Certains mélanomes nodulaires sont parfois de couleur chair.

D’autres types de mélanome moins courants incluent le mélanome de type lentigo malin qui touche habituellement les personnes âgées qui ont été très exposées au soleil pendant de nombreuses années, et le mélanome lentigineux des extrémités, un type rare qui apparaît sur les mains, la plante des pieds ou sous les ongles.

Les scientifiques croient qu’il existe une forte prédisposition génétique aux types cachés de mélanome, même en l’absence d’exposition au soleil. Lorsqu’un mélanome apparaît chez une personne de teint plus foncé, c’est souvent dans des zones cachées, comme entre les orteils, sur la paume des mains, la plante des pieds, le cuir chevelu ou les organes génitaux.

Le mélanome sous-unguéal est une forme rare de mélanome qui se forme dans le lit de l’ongle. Il a l’aspect d’une tache noire ou brune que l’on peut facilement confondre avec une ecchymose. Il faut consulter un dermatologue immédiatement si une telle coloration anormale met plus de deux mois à guérir ou commence à s’étendre jusqu’à la cuticule. C’est à ce stade qu’il se traite plus facilement.

Il peut également y avoir des mélanomes dans la bouche, le tube digestif, les voies urinaires ou le vagin. Ce type de mélanome est plus difficile à détecter et les symptômes sont souvent confondus avec des maux plus courants. Par exemple, un mélanome dans le vagin peut provoquer des démangeaisons et des saignements, des symptômes que l’on peut attribuer à une infection à levures ou à des irrégularités menstruelles.

Le mélanome oculaire se développe dans les cellules de la rétine qui contiennent des pigments. Ces mélanomes ne peuvent être décelés que par des examens réguliers de la vue parce qu’ils ne produisent aucun symptôme. En revanche, les mélanomes qui apparaissent dans la conjonctive (muqueuse qui tapisse l’intérieur de la paupière) ou la choroïde (membrane pigmentée à l’intérieur du globe oculaire) peuvent causer une sensation de grattement sous la paupière ou des points noirs dans le champ de vision. Le port de verres fumés qui bloquent 99 à 100 pour cent des rayons UVA prévient l’apparition de mélanomes oculaires.

Lorsqu’un mélanome se propage vers des emplacements éloignés, c’est en général vers les poumons, le foie, le cerveau, le tube digestif, les os et la glande surrénale.

Étant donné que le mélanome est souvent détecté à un stade précoce, son taux de guérison est excellent. Le taux de survie relative après cinq ans est élevé, soit 89 %.

Diagnostic et examens médicaux

Tout le monde devrait examiner sa peau une fois par mois afin de se familiariser avec les grains de beauté, les taches de rousseur et les taches de naissance et de déceler ainsi facilement tout changement.

Lorsqu’on soupçonne un mélanome chez une personne à risque élevé, un généraliste ou un spécialiste effectue un examen minutieux de la peau à la recherche de modifications anormales dans les zones pigmentées. Dans certains cas, un outil diagnostique appelé dermoscopie est utilisé pour examiner une lésion avant de pratiquer une biopsie. Cet appareil est capable de grossir jusqu’à 10 fois une cellule de la peau.

Dès qu’une lésion anormale a été trouvée, on effectue une biopsie de la peau. Dans cette intervention, la lésion suspecte est enlevée, en tout ou en partie, et l’échantillon est envoyé à un laboratoire pour analyse. Si la lésion est de petite taille, une biopsie excisionnelle (à l’emporte-pièce ou exérèse en fuseau), qui enlève toute l’excroissance ainsi qu’une petite marge de peau d’apparence saine, est réalisée. Une biopsie incisionnelle, qui enlève la partie la plus irrégulière de l’excroissance, est utilisée pour les grains de beauté de grande taille.

Un appareil non invasif, appelé Aura, analyse par balayage les grains de beauté et les lésions afin de déterminer si un cancer est présent. Cet appareil utilise la spectroscopie Raman pour analyser les réactions chimiques dans la peau et fournir des résultats immédiats et précis, ce qui peut réduire le nombre de biopsies inutiles et les temps d’attente pour une chirurgie du cancer de la peau.

Une fois que le diagnostic de mélanome est posé, le pathologiste examine l’épaisseur et la profondeur de la lésion cancéreuse. Des techniques d’imagerie, comme la radiographie, la tomodensitométrie, l’IRM ou la tomographie par émission de positons sont également utilisées pour déterminer la propagation du cancer et le traitement le plus approprié.

Traitement

Les mélanomes peuvent être traités par chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie et traitement biologique.

La chirurgie vise à retirer la totalité de la tumeur. Les mélanomes de stade précoce sont souvent enlevés en entier au moment de la biopsie et ne nécessitent aucun autre traitement. Dans les cas plus avancés, la chirurgie consiste à enlever le cancer ainsi qu’une marge étendue de peau normale, c’est-à-dire une large incision locale. Dans ce cas, une greffe de peau (prélevée d’un autre endroit du corps) peut être réalisée pour remplacer la peau enlevée.

La chimiothérapie systémique est l’utilisation de médicaments qui empêchent les cellules cancéreuses de se diviser partout dans le corps, tandis que la chimiothérapie régionale est dirigée vers des cibles précises, ce qui permet d’épargner les cellules normales. Si un mélanome est découvert sur un bras ou une jambe, il est parfois possible d’administrer une chimiothérapie régionale au moyen d’une technique appelée perfusion hyperthermique d’un membre isolé.

La radiothérapie consiste à diriger des rayons X à haute énergie sur un endroit précis pour détruire les cellules cancéreuses. Elle peut être employée pour détruire les tumeurs de petite taille ou les cellules cancéreuses qui restent après une chirurgie.

Le traitement biologique, qui repose sur l’utilisation de lymphocytes du patient spécialement préparés, utilise les défenses naturelles pour stimuler le système immunitaire et l’aider à combattre le cancer.

Le traitement ciblé cible des gènes, des protéines et des tissus particuliers du mélanome afin d’empêcher la croissance et la propagation du cancer. On peut avoir recours à ce type de traitement pour un mélanome métastatique ou inopérable présentant la mutation V600E du gène BRAF.

Sources:

Société canadienne du cancer
Réseau mélanome Canada 
Fondation canadienne du cancer de la peau 
Association canadienne de dermatologie (en anglais seulement)
Société Radio-Canada (en anglais seulement)

Originalement publié par CAREpath, une division de Soins de santé Bayshore, en date du 12 juillet 2017