Votre être cher âgé prend-il trop de médicaments?

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Voici un mot que vous pourriez voir et entendre souvent au cours des prochaines années : déprescription. Par déprescription, on entend le fait de cesser des médicaments ou d’en réduire la dose lorsqu’ils ne sont pas nécessaires ou bénéfiques, ou lorsqu’ils sont peut-être même nuisibles pour un patient.

Les personnes âgées utilisent en moyenne plus de médicaments d’ordonnance que d’autres groupes d’âge. En 2016, près de deux tiers des Canadiens âgés de 65 ans et plus se sont vu prescrire cinq catégories de médicaments ou plus, et un sur quatre s’est vu prescrire 10 catégories ou plus, selon une étude de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). (Une catégorie de médicaments est un groupe de médicaments dont la structure chimique, le mode d’action et les indications sont semblables. Par exemple, les opioïdes sont une catégorie de médicaments.)

Les médicaments jouent un rôle essentiel dans les soins de santé. Ils sauvent des vies et aident les gens à gérer leurs problèmes de santé et leurs symptômes. Toutefois, ils ont également des effets secondaires. Par exemple, les sédatifs-hypnotiques, prescrits pour l’anxiété ou l’insomnie, risquent de causer de la fatigue diurne, des troubles de la mémoire et de la concentration, des chutes et des fractures de même que des accidents de la route. Plus une personne prend de médicaments d’ordonnance, plus le risque d’effets néfastes augmente.

Les médecins prescrivent des médicaments aux personnes âgées pour des problèmes de santé ou pour contrer des effets secondaires (ou parce les effets secondaires sont pris pour une nouvelle maladie). Avec le temps, les médicaments peuvent toutefois devenir moins efficaces ou inutiles. Parfois, les risques d’un médicament surpassent ses bienfaits potentiels. Il arrive aussi qu’un médicament soit approprié pour une maladie, mais que la dose soit trop élevée pour une personne âgée. Les médicaments peuvent interagir, ce qui augmente leur risque de toxicité. Occasionnellement, les médicaments prescrits pour une maladie peuvent en aggraver une autre.

« Au Canada, plus d’un aîné sur trois prend au moins un médicament jugé comme potentiellement inapproprié. Cela peut entraîner des risques pour la santé, y compris des chutes, des fractures, des hospitalisations et même des décès », affirme-t-on sur le site du Réseau canadien de la déprescription, un groupe de leaders du secteur de la santé, de cliniciens, de décideurs, de chercheurs et de défenseurs des droits des patients qui s’intéressent à la question.

Le problème de la polypharmacie

Voici un autre mot que vous entendrez certainement plus souvent à l’avenir : polypharmacie. On parle de polypharmacie lorsqu’une personne prend cinq médicaments d’ordonnance ou plus. Dans le milieu médical, ce mot désigne également la prescription de médicaments sans objectif de traitement particulier, de médicaments qu’un patient prend déjà et de médicaments qui ne sont pas efficaces pour la maladie d’un patient. « En d’autres mots, la polypharmacie signifie l’utilisation de plusieurs médicaments inutiles qui peuvent faire plus de mal que de bien », écrivait le docteur Scott Endsley l’an dernier dans un article pour le FPM, le journal de l’American Academy of Family Physicians.

Le rapport de l’ICIS, L’utilisation des médicaments chez les personnes âgées au Canada, 2016, contenait des constatations alarmantes : les personnes âgées qui se sont vu prescrire de 10 à 14 catégories de médicaments risquaient cinq fois plus d’être hospitalisées en raison d’une réaction indésirable à un médicament que celles qui se sont vu prescrire de 1 à 4 catégories de médicaments. Les opioïdes, les anticancéreux et les anticoagulants étaient les catégories de médicaments qui entraînaient le plus d’hospitalisations liées à des réactions indésirables aux médicaments.

Et voici une autre importante préoccupation dont il faut tenir compte : les personnes âgées sont plus sensibles aux effets des médicaments à cause des changements physiques liés à l’âge : plus faible masse musculaire, masse grasse plus élevée, organes moins efficaces et moins d’eau dans l’organisme. Tous ces facteurs ont une incidence sur la façon dont l’organisme absorbe les médicaments et y réagit. Il est important que les personnes âgées et leurs proches soient au courant des risques.

Comment déprescrire sans danger

Si vos médicaments ou ceux de votre être cher vous préoccupent, n’en modifiez pas la dose ou ne les cessez pas par vous-même. Il est important de prendre un rendez-vous avec un médecin, un pharmacien ou une infirmière pour les faire réviser. Avec leur aide, vous vous assurerez que les médicaments que vous prenez sont bénéfiques et non nuisibles.

Apportez vos médicaments avec vous. Parlez de la raison pour laquelle vous prenez chaque médicament, des bienfaits et des risques ainsi que des effets secondaires possibles. Demandez aussi si la dose convient toujours. Si un médicament n’est pas approprié, votre professionnel de la santé peut en suggérer un autre ou proposer peut-être une autre solution (non médicamenteuse). (Par exemple, au lieu de prendre un médicament d’ordonnance pour le reflux d’acide, perdre du poids ou changer de régime peut aider.)

Il serait bon également d’apporter les médicaments en vente libre que vous prenez, les remèdes à base de plantes et les suppléments (vitamines, minéraux et suppléments alimentaires), pour que votre professionnel de la santé puisse vérifier les interactions médicamenteuses possibles.

Pour voir notre infographie sur la déprescription, cliquez ici.

Ressources supplémentaires

Réseau canadien pour la déprescription
Médicamentssécuritaires.ca
Santé Canada : L’usage sécuritaire des médicaments

Soins à domicile Bayshore offre une grande variété de services de santé à domicile afin d’aider les Canadiens à vivre de façon autonome aussi longtemps que possible. Les services de santé à domicile de Bayshore liés aux médicaments incluent la gestion des médicaments, la révision des médicaments et des rappels pour la prise de médicaments. Nous pouvons également vous aider à ouvrir les flacons de pilules et coordonner les visites à la pharmacie pour que vous ne soyez pas à court de médicaments. Les services de Bayshore visent à améliorer et non à remplacer la relation qui existe entre vous et votre médecin. Nos services ne visent pas non plus à remplacer les conseils professionnels, le diagnostic ou le traitement d’un médecin. Pour des détails, communiquez avec nous au 1 877 289-3997.