Le médecin, la mine et le gardien de but : comment un assistant médical trouve l’équilibre entre sa profession et sa vie de famille

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Gros plan d'un autoportrait d'un travailleur portant un casque bleu, un masque et un gilet haute visibilité, debout près d'une ambulance dans une mine ou une carrière verglacée.

Par Simon Campbell, Spécialiste, Communications  

Entre déploiements militaires, sites miniers et patinoires de hockey, Victor Piper-Speirs a passé près de quatre décennies à maîtriser une compétence avec laquelle peu de gens parviennent à se sentir à l’aise : être la personne vers laquelle tout le monde se tourne lorsque les choses tournent mal. 

Il plaisante en disant que les assistants médicaux travaillant dans le domaine de la médecine du travail en milieu isolé doivent « être à l’aise dans l’inconfort ». 

Pour lui, il s’agit moins d’une description de poste que d’une philosophie de carrière. 

Piper-Speirs a servi sous l’uniforme bien avant de venir en aide aux travailleurs sur des sites industriels isolés du nord de l’Ontario en tant qu’assistant médical au sein de l’organisme « Occupational and Emergency Medicine Solutions » (OEMS), qui fait partie de Bayshore HealthCare et assure une permanence 24 h/24 et 7 j/7. Il a rejoint les Forces canadiennes en 1987 en tant que secouriste de réserve avant de passer à la Force régulière en 1997 et de devenir finalement assistant médical — un poste qu’il a occupé tout en servant à travers le Canada et à l’étranger, travaillant dans des cliniques militaires, soutenant des programmes de médecine aéronautique et de plongée, et participant à des déploiements internationaux, notamment une mission de six mois en Irak. 

Lorsqu’il a pris sa retraite des Forces armées en 2020, le moment lui a semblé propice pour se consacrer à un nouveau chapitre de sa vie. Son expérience l’a conduit vers la médecine du travail, puis vers l’OEMS, où il accompagne désormais les travailleurs de Geraldton et des environs, une communauté minière de l’Ontario. C’est un environnement qui présente des similitudes avec la vie militaire. Ces deux contextes exigent des professionnels de santé qu’ils fassent preuve d’autonomie, s’adaptent rapidement et prennent des décisions avec des ressources limitées. Sur certains sites, les conditions météorologiques ou la géographie peuvent retarder l’accès à des soins plus spécialisés. Dans les communautés accessibles uniquement par avion et les camps isolés, les équipes médicales doivent souvent se préparer à des situations où les renforts peuvent mettre des heures, voire des jours, à arriver. 

« Il faut être sûr de ses connaissances et de ses compétences », explique Piper-Speirs. « On peut appeler un ami, mais on ne peut pas lui demander d’intervenir et de prendre le relais.» 

En tant qu’assistante médicale, Piper-Speirs agit comme le prolongement d’un médecin superviseur : elle évalue les patients, prend en charge les maladies et les blessures, prend des décisions cliniques et signale les situations nécessitant une expertise supplémentaire. 

Certains jours, elle traite des maladies courantes qui se propagent facilement dans les environnements de travail collectifs. D’autres jours, elle doit évaluer des accidents du travail ou déterminer si une personne peut reprendre en toute sécurité l’utilisation d’engins lourds. 

En médecine du travail, le métier ne consiste pas simplement à soigner la blessure qui se présente à soi, mais à prendre en compte une vision d’ensemble : le travailleur, son équipe et sa sécurité. 

« Cela nécessite une vision à 360 degrés des soins », explique-t-il. 

Cette approche a rendu les assistants médicaux de plus en plus indispensables dans les zones isolées et mal desservies, où l’accès aux soins de santé peut être limité. Piper-Spiers se souvient avoir aidé un travailleur du Nunavut qui avait subi une grave blessure dentaire à la suite d’un accident de motoneige. Plusieurs mois s’étaient écoulés sans qu’il ne reçoive de soins, car les équipes dentaires ne se rendaient dans sa communauté d’origine que toutes les quelques semaines, et à chaque fois qu’elles arrivaient, le travailleur était en mission loin de chez lui. 

Piper-Spiers a collaboré avec les responsables territoriaux de la santé pour coordonner les soins, organiser le transport et s’assurer que le travailleur soit chez lui pour recevoir les soins dont il avait besoin. 

Alors qu’il a passé une grande partie de sa carrière dans des environnements très stressants, son rôle change radicalement lorsqu’il rentre chez lui et devient « un vieux papa avec de jeunes enfants ». 

Avec un fils de neuf ans et une fille qui entre dans l’adolescence, son univers familial est désormais moins axé sur les évaluations cliniques et la planification des urgences que sur les entraînements de hockey, le patinage artistique et les trajets pour aller chercher les enfants à l’école. 

Pourtant, son fils est gardien de but, ce qui suscite naturellement une autre comparaison. 

L’assistant médical travaillant de manière autonome sur un site isolé n’est pas sans rappeler le gardien de but d’une équipe de hockey : il fait partie d’un système plus vaste, mais se retrouve seul face à la pression.